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Édition Référence19.90 CHF

Manger local et de saison : le calcul économique

Le calendrier de saison suisse, l'arithmétique de la conservation et le vrai prix du direct-producteur — chiffres à l'appui, du protocole 30 jours à la routine annuelle durable

Songa Fabrice Majster · SFMBook · 14 chapitres · 251 min de lecture

Le marché est-il vraiment plus cher que le supermarché ? Congeler ses légumes d'été fait-il économiser ou juste occuper le congélateur ? Cet ouvrage de référence ne compare pas les enseignes : il calcule. Calendrier de saison suisse romande prêt à l'emploi, économie réelle de l'auto-cueillette et des paniers producteurs (AVGP), coût par portion de la congélation et de la conservation maison, protocole d'exécution sur 30 jours, étude de cas chiffrée sur douze mois, objections traitées honnêtement, adoption familiale, labels et bio, groupements d'achat collectifs, restaurants de saison, et rituel de routine annuelle durable. Chiffres présentés comme exemples illustratifs, à vérifier avec tes propres prix locaux.

Sommaire

  1. Pourquoi la tomate de février coûte plus qu''elle n''en a l''air

    Le prix affiché d''un légume hors saison ne reflète pas son vrai coût : transport, serres chauffées, pertes de fraîcheur. Le calendrier de saison suisse est le premier outil du calcul économique.

Chapitre 1 — gratuit

Pourquoi la tomate de février coûte plus qu''elle n''en a l''air

> Une tomate en février n'est pas une tomate moins chère. C'est une tomate qui a voyagé plus loin pour goûter moins.

Karim, 33 ans, Lausanne, faisait ses courses sans regarder la saison : tomates en janvier, fraises en mars, asperges en octobre. Son panier hebdomadaire moyen : CHF 95. En basculant sur un calendrier de saison strict pendant trois mois — sans changer de magasin, juste en substituant les légumes hors saison par leurs équivalents de saison — son panier est descendu à CHF 71 en moyenne, pour un volume comparable. La différence n'était pas dans le lieu d'achat : elle était dans le calendrier.

Le calendrier de saison suisse, mois par mois

Un repère simplifié, utilisable toute l'année (à adapter selon l'altitude et la région) :

  • **Hiver (déc-fév)** : choux (tous types), poireaux, carottes, panais, courges d'hiver, pommes et poires de garde, betteraves.
  • **Printemps (mars-mai)** : asperges (dès avril), radis, épinards, salades précoces, rhubarbe, premières fraises suisses en mai.
  • **Été (juin-août)** : tomates, courgettes, haricots, concombres, abricots, cerises, pêches, myrtilles, prunes.
  • **Automne (sept-nov)** : courges, choux, poireaux, pommes, poires, raisin, châtaignes, premiers légumes racines de garde.

Un légume ou fruit acheté en dehors de sa fenêtre suisse est presque toujours importé — et le surcoût n'est pas arbitraire : il reflète le transport réfrigéré sur de longues distances, ou la culture sous serre chauffée, deux postes de coût qui n'existent pas pour un produit de pleine saison cultivé localement.

Ce que le prix affiché ne montre pas

Trois surcoûts invisibles sur l'étiquette d'un produit hors saison :

1. **Transport et logistique** : plus la distance est longue, plus la chaîne du froid et les intermédiaires pèsent sur le prix final — et sur la fraîcheur, donc sur la durée de conservation à la maison, donc sur le gaspillage. 2. **Culture sous serre chauffée** : une tomate suisse cultivée en serre chauffée en hiver coûte objectivement plus cher à produire qu'une tomate de plein champ en été — ce surcoût de production se répercute sur le prix de vente. 3. **Le rendement gustatif et la durée de vie au frigo** : un produit hors saison, cueilli avant maturité pour supporter le transport, se dégrade souvent plus vite une fois chez toi — ce qui augmente le gaspillage, donc le coût réel par portion réellement consommée.

Le réflexe qui change le budget sans changer le magasin

Pas besoin de changer d'enseigne ni de mode de vie : substituer un produit hors saison par son équivalent de saison, à qualité nutritionnelle comparable, est le geste le moins coûteux et le plus simple du calcul économique — avant même de parler marché, panier producteur ou congélation, sujets des trois prochains chapitres.

Ce que dit la science

La recherche confirme : Weber et Matthews (2008), dans une étude de référence sur l'empreinte carbone de l'alimentation aux États-Unis, ont montré que le transport ne représente qu'une partie limitée de l'empreinte totale d'un aliment comparé à sa production — mais que pour les produits périssables transportés par avion ou en chaîne du froid longue distance, ce poste devient significatif. Limite honnête : cette étude porte sur l'empreinte carbone (pas directement sur le prix payé par le consommateur) et sur le contexte américain ; elle éclaire le mécanisme général (distance et mode de transport pèsent sur le coût total) sans fournir de chiffre suisse précis en francs.

Success For Me — dans ce chapitre

Dans ma vie, ça ressemble à quoi ? Regarde ton dernier ticket de caisse : combien de produits étaient hors saison suisse au moment de l'achat ?

**Action des 24h** : imprime ou enregistre le calendrier de saison ci-dessus, colle-le sur ton frigo, et fais ta prochaine liste de courses en le consultant d'abord.

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*Le calendrier de saison n'est pas une contrainte écologique. C'est une feuille de calcul qu'on n'a pas besoin de faire soi-même.*

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Contenu éducatif — chiffres présentés comme exemples illustratifs sauf mention contraire. Ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé.